Ce jeudi 16 avril 2026, la Direction de la Compagnie du TransGuinéen (CTG) a tenu une conférence de presse majeure à la Cellule de communication du Gouvernement. Animée par le Président du Conseil d’Administration (PCA) et le Directeur Général Adjoint (DGA), cette rencontre avec les médias et la société civile a permis de faire un point d’étape exhaustif sur l’avancement du mégaprojet Simandou. Entre prouesses infrastructurelles, respect strict des normes environnementales et sociales internationales, et un plan de « guinéisation » ambitieux, la CTG a démontré que le rêve du TransGuinéen est désormais une réalité tangible.
Une « autoroute des rails » de 650 km et des infrastructures de classe mondiale
Le PCA de la CTG a d’emblée tenu à rappeler l’ampleur historique du projet Simandou, un rêve nourri par la Guinée depuis le lendemain de son indépendance. Structuré autour de deux entités minières et d’une entité logistique centrale (la CTG), le projet est le fruit d’un modèle de co-développement unique. L’État guinéen y détient 15 % des parts gratuites, aux côtés de partenaires industriels mondiaux de premier plan.
L’avancée des travaux sur le terrain force l’admiration. Le PCA a souligné non seulement l’immensité des infrastructures en cours de réalisation, 650 kilomètres de chemin de fer reliant les blocs miniers à la côte, un port minéralier d’une capacité d’exportation de 120 millions de tonnes par an, un port commercial et de nouvelles agglomérations pour les travailleurs, mais surtout la rapidité d’exécution. « La fierté qu’on a, ce n’est pas seulement la taille du projet Simandou, c’est la célérité avec laquelle on a conçu ces infrastructures tout en respectant les normes les plus contraignantes », a-t-il déclaré.
Le TransGuinéen n’a pas qu’une vocation minière. Dans le cadre de l’accord multi-utilisateurs et multi-usages, la ligne ferroviaire bénéficiera à tous les Guinéens. La CTG prévoit l’ouverture de la ligne au transport de passagers et au fret commercial entre fin 2026 et 2027, transformant ainsi durablement la mobilité et soutenant la création d’agropoles le long du corridor.
Le strict respect des normes SFI et la protection des communautés
Un projet de cette envergure exige une responsabilité irréprochable. Le PCA a insisté sur l’engagement absolu de la CTG envers les standards de la Société Financière Internationale (SFI) en matière environnementale et sociale. La conformité est évaluée mensuellement en coordination avec le ministère de l’Environnement, garantissant un contrôle rigoureux et transparent. Par ailleurs, le minerai de Simandou, de par sa qualité exceptionnelle, permettra de réduire considérablement l’empreinte carbone mondiale lors de sa transformation en acier vert.
Sur le plan social, le PCA s’est montré catégorique face aux médias concernant la gestion des communautés impactées, rappelant qu’aucune expropriation n’a eu lieu sans compensation juste. « Personne n’a été affecté sans avoir été compensé. Au-delà de la compensation, nous menons des activités de reconstitution des moyens de subsistance », a-t-il fermement rassuré, invitant quiconque à signaler d’éventuels manquements pour une prise en charge immédiate.
Contenu local et « Guinéisation » : Les fortes annonces du DGA de la CTG
Le volet du contenu local et du développement du capital humain a été détaillé par le Directeur Général Adjoint (DGA) de la CTG. Ce dernier a rappelé que les exigences des accords de Simandou vont bien au-delà du cadre classique de la loi guinéenne sur le contenu local. Il est désormais question d’une véritable « guinéisation » de l’entreprise.
Le DGA a présenté un plan structuré autour de trois piliers fondamentaux : l’emploi des Guinéens, l’octroi de contrats aux entreprises nationales, et le transfert de compétences et de technologies.
« D’ici la fin 2026, l’objectif est d’atteindre 3 000 emplois entre la CTG et ses sous-traitants, avec l’exigence qu’au moins 70 % de ces emplois soient occupés par des Guinéens. Et ce, pas seulement à des postes non qualifiés, mais aussi à des postes de direction », a affirmé le DGA.
Pour garantir ce transfert d’expertise, un mécanisme rigoureux a été instauré : lorsqu’un expatrié est recruté faute de profil local immédiatement disponible, un poste d’adjoint guinéen est créé à ses côtés. Le transfert de compétences doit obligatoirement s’opérer sur une période d’un an afin d’assurer la relève. La nomination d’une femme guinéenne au poste stratégique de Directrice des Ressources Humaines (DRH) illustre déjà cette volonté ferme de promotion interne et d’inclusivité. L’ambition déclarée par la Direction est claire : parvenir à une « guinéisation » totale de la CTG d’ici trois ans.
Une gouvernance sous le signe de la transparence
En rendant publics tous les accords, conventions et documents contractuels, la CTG a réitéré son engagement total pour la transparence. Le projet Simandou dépasse la simple aventure logistique ou minière ; c’est le catalyseur de l’émergence d’une économie nationale forte.
Avec la détermination affichée lors de cette conférence de presse, la Compagnie du TransGuinéen confirme qu’elle est en marche pour réussir le pari du co-développement, et devenir ainsi « la plus grande entreprise de la sous-région » au bénéfice exclusif des Guinéens et de l’État.


